Remontée des concrétions (1997)

Lorsqu'un navire fait naufrage, le matériel ferreux, qui fait partie de sa structure, de son contenu et, plus spécifiquement, de l'armement, commence à se transformer chimiquement. Durant le processus, ces objets et d'autres situés près d'eux se lient pour former une masse volumineuse connue sous le nom de concrétion. Dès les premiers jours de fouille, deux larges concrétions ont été remarquées au nord et au sud du site. Elles contenaient manifestement plusieurs artefacts dont des pièces de gréement, des manches d'outils, des fusils et deux grandes marmites. Tard dans l'été de 1996, grâce à une trousse d'outils comprenant de gros marteaux, des burins de maçon, des barres de fer servant de levier et un petit marteau pneumatique, plusieurs fusils visibles en surface et une marmite ont été libérés avec succès. La procédure utilisée n'a cependant pas mis en danger les objets cachés dans la concrétion.

Au début de la saison de fouille 1997, deux fusils situés du côté ouest du site ont été libérés, cette fois par des moyens moins agressifs. À l'aide des suceuses à eau et d'une petite barre de fer servant de levier, les éléments détachables ou partiellement durcis entourant les objets ont été enlevés. Ceci a eu pour effet de mettre au jour les fusils et de donner accès au corps principal de la concrétion qui reposait sur un socle au-dessus du sol stérile constitué d'argile. Une légère poussée latérale a été suffisante pour dégager les fusils. Un examen ultérieur a permis de distinguer plusieurs artefacts emprisonnés dans la matrice, notamment une tasse ou un bol en bois, une raison supplémentaire pour garder les concrétions restantes dans un tout ou, du moins, en grosses pièces.

Le marteau pneumatique a été utilisé pour ouvrir une entaille sous chaque concrétion, un peu comme le fait le maçon avant de couper une brique. La position de l'entaille était déterminée par les artefacts visibles et par la dimension des portions de concrétion désirées. Des morceaux cédaient le long de lignes définies, sous leur propre poids. Ils étaient d'environ 1 m de long, sur 70 cm de large et 40 cm d'épais, leur poids de 75 kg.

Une fois sectionnée, la pièce pouvait être remontée. Des sangles de nylon d'une largeur de 5 cm étaient glissées sous et autour de la concrétion, puis attachées à des sacs gonflables. Une fois gonflés par l'air des bombonnes des plongeurs, ces sacs pouvaient supporter environ 25 kg; la plupart des pièces devaient être soulevées avec 3 sacs d'air. Elles étaient alors facilement déplacées par un plongeur hors de l'aire de fouille, puis redéposées sous le ponton. Avec la grue flottante et la force des plongeurs, les pièces étaient ensuite lentement hissées hors de l'eau. On les soulèvait avec une plate-forme construite avec des parties d'échelles (celles qui avaient servi plus tôt à la levée des pièces de la coque) placées en dessous et on les montait à bord du Zodiac. Après les avoir enveloppées avec des serviettes gorgées d'eau salée, les concrétions étaient transportées vers la plage, débarquées et transférées dans une camionnette, puis apportées au laboratoire de terrain et déposées dans les bassins de dessalement.

En utilisant cette technique, 10 grosses concrétions ont été libérées et remontées à la surface. La marmite encore prisonnière d'un reste de concrétion a été levée en un seul bloc amenant avec elle quelques-unes des briques qui faisaient probablement partie du foyer. Cette concrétion pesait environ 125 kg.

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