Avis d'intention de classement – Église de Notre-Dame-des-Neiges

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE
CLASSEMENT D’UN BIEN PATRIMONIAL

ÉGLISE DE NOTRE-DAME-DES-NEIGES
(TROIS-PISTOLES)

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. LUC FORTIN, donne avis :

QU’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, il a l’intention de procéder au classement de ce bien comme immeuble patrimonial :

L’église de Notre-Dame-des-Neiges, sise au 30, rue Notre-Dame Est, dans la ville de Trois-Pistoles, ainsi que son terrain connu et désigné comme étant le lot CINQ MILLIONS SIX CENT SOIXANTE-SEIZE MILLE CINQ CENT SOIXANTE-SEPT (5 676 567) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Témiscouata;

Tous les éléments extérieurs et intérieurs de l’église et de la chapelle-sacristie sont visés par cet avis, en incluant les tribunes, l’orgue Casavant (1905, opus 230), la voûte, la coupole, les vitraux et les autres fenêtres, le maître-autel, le baldaquin, les autels latéraux, la chaire, la table de communion, les confessionnaux, la balustrade du chœur, le plancher, les portes, les bancs de la nef et du chœur, les boiseries et les nombreux éléments de décor, les statues qui surmontent les lanternons de la façade ainsi que le parvis et ses trois volées de marches;

L’extérieur du presbytère et du passage couvert qui se trouvent sur le même terrain que l’église, de même que le muret en pierres le long de la rue Notre-Dame Est et les aménagements du terrain sont aussi visés par cet avis;

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

L’église de Notre-Dame-des-Neiges présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Érigée de 1885 à 1887, elle est le cinquième lieu de culte de Trois-Pistoles. Elle témoigne d’un phénomène très répandu au Québec, soit la construction successive de plusieurs lieux de culte dans une même paroisse à mesure que la population croît ou se déplace;

Le panorama intitulé Le Cyclorama de Jérusalem présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Il est exécuté en 1887 ou en 1888, aux États-Unis, probablement à Chicago ou à New York, par une équipe de peintres formée par Oliver Dennett Grover, Charles Corwin, Salvador Mège, Edward James Austen et Ernest Gros, qui ont tous contribué à la réalisation d’autres panoramas. La conception de cette œuvre est inspirée d’un panorama peint à Munich en 1886 par Elimar Ulrich Bruno Piglhein, mais détruit dans un incendie en 1892. Ce panorama a servi de modèle à plus d’une douzaine d’autres tableaux panoramiques réalisés sur le thème de Jérusalem au moment de la crucifixion. Avec celui de Sainte-Anne-de-Beaupré, un seul autre de ces panoramas a résisté au passage du temps, soit celui d’Altötting, en Allemagne, peint en 1892. Le Cyclorama de Jérusalem est restauré par le peintre Christo Stefanoff à la suite de l’affaissement d’une partie du toit de la rotonde, qui survient en 1957. Ce dernier réalise aussi le nouveau faux terrain. Ce panorama peut être considéré comme une œuvre d’art spectacle associée à un mode de divertissement d’un autre siècle;

L’église de Notre-Dame-des-Neiges présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construite selon les plans de David Ouellet, l’église constitue un exemple achevé d’architecture éclectique. Elle réunit ainsi divers éléments architecturaux et ornementaux dans une recherche de monumentalité et d'effets visuels nouveaux. L’église se distingue entre autres par ses cinq clochers, une composition inusitée dans l’architecture religieuse québécoise. La tour située à la croisée du transept participe fortement au caractère monumental de l’immeuble et lui confère une grande visibilité, notamment à partir du fleuve. Le presbytère sis sur le même terrain que l’église a aussi été érigé selon les plans de Ouellet, en 1889. Il a été agrandi dans les années 1950. L’église et le presbytère, construits avec la même pierre, forment un ensemble harmonieux;

L’église de Notre-Dame-des-Neiges présente en outre un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et artistique liées à son décor intérieur. Ce décor a été réalisé à partir des plans dressés en 1898 par le chanoine Georges Bouillon. Alors que ce dernier préconisait généralement l’emploi du style néogothique, à Trois-Pistoles, il opte pour un décor néobaroque plus cohérent avec l’architecture extérieure du lieu de culte. L’ensemble est constitué d’un grand nombre d’éléments sculptés peints de couleurs claires ou dorées. L’aménagement du lieu comporte des éléments peu communs dans les églises paroissiales, dont une tribune ouverte sur le chœur et un baldaquin composé de colonnes cannelées d’ordre corinthien supportant un couronnement à six branches surmonté d’une croix.

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’il prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ce bien patrimonial;

QUE si le classement de ce bien se réalise, celui-ci prendra effet à compter de la transmission du présent avis conformément à la Loi sur le patrimoine culturel;

QUE l’avis d’intention devient sans effet si l’avis de classement, accompagné d’une liste des éléments caractéristiques du bien patrimonial classé, n’est pas transmis au propriétaire du bien ou à celui qui en a la garde, dans un délai d’un an à compter de la date de la transmission de l’avis d’intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s’il y a eu prorogation de l’avis d’intention.


Signé à Québec, ce 26 septembre 2017


Le ministre,

LUC FORTIN

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