Avis d'intenantion de classement – Site archéologique de Fort-Lorette

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE
CLASSEMENT D’UN BIEN PATRIMONIAL

SITE ARCHÉOLOGIQUE DE FORT-LORETTE
(MONTRÉAL)

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. LUC FORTIN, donne avis :

QU’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, il a l’intention de procéder au classement de ce bien comme site patrimonial :

Le site archéologique de Fort-Lorette, sis dans les limites de la ville de Montréal (arrondissement Ahuntsic-Cartierville), connu et désigné comme étant le lot DEUX MILLIONS QUATRE CENT QUATRE-VINGT-QUATORZE MILLE QUATRE CENT SOIXANTE-QUATORZE (2 494 474), le lot DEUX MILLIONS QUATRE CENT QUATRE-VINGT-QUATORZE MILLE QUATRE CENT SOIXANTE-QUINZE (2 494 475) et le lot UN MILLION SEPT CENT QUARANTE-CINQ MILLE TROIS CENT SOIXANTE-QUATORZE (1 745 374) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal, en excluant les bâtiments érigés sur ces terrains;

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

Le site archéologique de Fort-Lorette présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et archéologique;

Le site correspond à l’emplacement de la mission de la Nouvelle-Lorette, le second établissement de la mission sulpicienne. D’abord établie sur le domaine seigneurial des Sulpiciens, au pied du mont Royal, la mission de la Montagne est déplacée au Sault-au-Récollet dès la fin du XVIIe siècle. Le nouvel emplacement est choisi par François Vachon de Belmont, sulpicien chargé de la mission, qui souhaite éloigner les Autochtones des tentations que peuvent présenter Montréal et Lachine, notamment la proximité de l’eau-de-vie. Il y fait construire un fort de pieux et dote la mission d’une chapelle, d’une maison seigneuriale et d’un couvent pour les sœurs de la congrégation de Notre-Dame. Un cimetière autochtone est également aménagé. À partir de 1721, la mission de la Nouvelle-Lorette est progressivement délaissée au profit de celle du lac des Deux-Montagnes, située à Oka. Elle est définitivement abandonnée en 1736. Le site archéologique de Fort-Lorette constitue donc un témoin important du passage de la mission sulpicienne au Sault-au-Récollet;

Les recherches menées sur le site au printemps 2017 ont permis la découverte d’une riche collection d’objets témoins associés à la mission de la Nouvelle-Lorette datant de la fin du XVIIsiècle et du début XVIIIe siècle. Les fouilles ont également révélé la présence de trois tranchées parallèles qui correspondraient à des portions de la palissade de pieux de bois du fort. Deux de ces tranchées pourraient représenter les murs ouest et mitoyen du fort, ce qui permettrait de le positionner dans son axe est-ouest. Une tranchée perpendiculaire aux premières laisse croire qu’il s’agit possiblement du bastion sud-ouest ou, du moins, du coin sud-ouest du fort. Un segment de maçonnerie constitué de moellons bruts découvert à l’intérieur des limites du fort pourrait correspondre au mur ouest d’un ancien bâtiment. Le site archéologique de Fort-Lorette, dont plusieurs sections n’ont pas encore été explorées, présente un potentiel de recherche considérable.

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’il prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ce bien patrimonial;

QUE si le classement de ce bien se réalise, celui-ci prendra effet à compter de la transmission du présent avis conformément à la Loi sur le patrimoine culturel;

QUE l’avis d’intention devient sans effet si l’avis de classement, accompagné d’une liste des éléments caractéristiques du bien patrimonial classé, n’est pas transmis aux propriétaires des immeubles visés dans un délai d’un an à compter de la date de la transmission de l’avis d’intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s’il y a eu prorogation de l’avis d’intention.

Signé à Québec, ce 16 juin 2017

Le ministre,

LUC FORTIN

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