Avis d'intention de classement de biens patrimoniaux – Monument aux Braves de Sherbrooke

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE
CLASSEMENT DE BIENS PATRIMONIAUX

MONUMENT AUX BRAVES DE SHERBROOKE

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. Luc Fortin, donne avis :

QU’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, il a l’intention de procéder au classement de ce bien comme immeuble patrimonial :

Le monument aux Braves de Sherbrooke, sis sur le terre-plein central de la rue King Ouest, à l’intersection de la rue Gordon, dans la ville de Sherbrooke, sur un terrain connu et désigné comme étant le lot UN MILLION TRENTE MILLE NEUF CENT DEUX (1 030 902) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Sherbrooke;

Le monument mesure 7,96 m de hauteur, 4,6 m de largeur et 2,12 m de profondeur. Il est composé d’un socle en granit et d’un ensemble en bronze de quatre personnages, soit trois soldats canadiens et un ange de la Victoire tenant dans sa main droite une couronne de laurier;

Cette inscription est gravée sur le monument : « Devant ses fils tombés ou survivants qui se sont illustrés au champ d'honneur Sherbrooke s’incline / 1914-1918 / To the men and women of Sherbrooke who fought and fell for their country and their god »;

Les noms des théâtres d’opérations de la Première Guerre mondiale sont inscrits sur les faces latérales du monument : Ypres, Festubert, St-Julien, Courcelette et la Somme;

Deux plaques de bronze sont apposées sur le monument. Ces plaques contiennent les noms des soldats de la ville de Sherbrooke décédés au cours des deux guerres mondiales;

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

Le monument aux Braves de Sherbrooke présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne d’un type très répandu de monuments commémoratifs érigés après les deux guerres mondiales dans plusieurs villes du Québec et du Canada pour rappeler le sacrifice des soldats. En 1923, un comité citoyen de Sherbrooke présente une requête demandant l’érection d’un monument pour honorer la mémoire de leurs concitoyens ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale. Le conseil municipal emprunte alors une somme considérable pour sa réalisation. Le monument est inauguré le 7 novembre 1926 devant une foule de plus de 20 000 personnes. Deux plaques sont apposées sur le socle pour rappeler les noms des soldats sherbrookois morts au cours des deux conflits mondiaux. Le monument aux Braves de Sherbrooke est donc un bon exemple d’une activité de commémoration importante et répandue sur le territoire québécois;

Le monument aux Braves de Sherbrooke présente également  un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Cette œuvre est conçue par l’artiste George William Hill, qui figure parmi les plus importants sculpteurs québécois et canadiens du début du XXe siècle. Hill étudie la sculpture à Paris de 1889 à 1894. De retour au Québec, il travaille surtout à Montréal, où il collabore notamment avec l’architecte Robert Findlay et les frères Edward et William Sutherland Maxwell. Hill est surtout connu pour sa production de monuments commémoratifs et de mémoriaux de guerre. Le monument de Sherbrooke est le plus élaboré des monuments aux Braves réalisés par ce sculpteur. Il se démarque par ses dimensions, l’importance du groupe sculpté ainsi que par les choix iconographiques de l’artiste, soit l’ange de la Victoire et les soldats dans les tranchées;

Le monument aux Braves de Sherbrooke présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur emblématique. Le monument, et en particulier l’ange de la Victoire qui le couronne, est devenu au FIL des ans l’emblème de la ville. Ses dimensions imposantes, mais surtout son emplacement au centre de la voie publique, près du sommet d’une forte dénivellation dominant le cœur historique de Sherbrooke, lui confèrent une grande visibilité. Le monument aux Braves est à la fois un point de repère et un élément symbolique important du paysage urbain de Sherbrooke.

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’il prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ces biens patrimoniaux;

QUE si le classement de ces biens se réalise, celui-ci prendra effet à compter de la transmission du présent avis conformément à la Loi sur le patrimoine culturel;

QUE l’avis d’intention devient sans effet si l’avis de classement, accompagné d’une liste des éléments caractéristiques des biens patrimoniaux classés, n’est pas transmis au propriétaire des biens ou à celui qui en a la garde, dans un délai d’un an à compter de la date de la transmission de l’avis d’intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s’il y a eu prorogation de l’avis d’intention.

Signé à Québec, ce 14 décembre 2016

Le ministre,

Luc Fortin

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