Avis d'intention de classement – Église de Sainte-Amélie et quatre statues en marbre

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE
CLASSEMENT DE BIENS PATRIMONIAUX

ÉGLISE DE SAINTE-AMÉLIE
ET QUATRE STATUES EN MARBRE
(BAIE-COMEAU)

Le ministre dela Cultureet des Communications et ministre responsable dela Protectionet dela Promotionde la langue française, M. Luc Fortin, donne avis :

QU’en vertu dela Loisur le patrimoine culturel, il a l’intention de procéder au classement de ces biens comme immeuble patrimonial et objets patrimoniaux :

  1. L’église de Sainte-Amélie, sise au 36, avenue Marquette, dans la ville de Baie-Comeau, avec son terrain, connu et désigné comme étant le lot TROIS MILLIONS DEUX CENT DIX MILLE CINQ CENT CINQUANTE-TROIS (3 210 553) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Saguenay;

Tous les éléments extérieurs et intérieurs de l’immeuble, incluant notamment la sacristie, la tribune arrière, le maitre-autel, les autels latéraux, les vitraux, les fenêtres, le chemin de croix, l’orgue, les cloisons, les planchers, les plafonds, les portes et les éléments de décor, sont visés par cet avis;

  1. Les quatre statues en marbre réalisées par le sculpteur Pasquale Sgandurra qui représentent sainte Anne, la Vierge à l'Enfant, le Sacré-Cœur et saint Joseph.

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

L’église de Sainte-Amélie présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique, architecturale et artistique;

Construite en 1939 et en 1940 selon les plans de l'architecte Gaston Gagnier, l’église de Sainte-Amélie est le premier lieu de culte catholique de la ville de Baie-Comeau, fondée en 1937 par Robert Rutherford McCormick, président de la Quebec North Shore Company et éditeur du Chicago Tribune. La construction de l’église est financée par McCormick qui érige une papeterie en 1936 à Baie-Comeau. En juin 1940, l’église est nommée Sainte-Amélie en l’honneur de l’épouse récemment décédée de McCormick, Amy Irwin Adams. Le lieu de culte devient la première cathédrale de la Côte-Nord en 1945 et conserve ce statut jusqu’en 1960;

L’église de Sainte-Amélie est représentative de l’architecture religieuse catholique québécoise du deuxième quart du XXe siècle. Cette période associée au renouveau de l’architecture religieuse est marquée par la recherche de nouvelles formes, mais dans un esprit de continuité avec les modèles traditionnels. L’église de Sainte-Amélie conserve le plan en croix latine, mais présente de nouvelles formes, dont les arcs paraboliques de sa nef et de sa voûte et les arcs en mitre des bras du transept, témoignant de l’influence du dom-bellotisme sur l’architecture religieuse de cette époque;

Le décor intérieur de l’église de Sainte-Amélie a été réalisé par Guido Nincheri, artiste peintre et verrier originaire de l’Italie. Cet artiste a réalisé des peintures murales, des fresques et des vitraux qui ornent plus de 200 édifices, essentiellement religieux, au Québec, au Canada et aux États-Unis. Nincheri a exécuté le décor peint de l’église de Sainte-Amélie entre 1940 et 1945 selon la technique de la fresque, qui est très peu utilisée au Québec. Cette œuvre monumentale recouvre la voûte ainsi que les murs de la nef et du chœur. Il s’agit d’un des ensembles les plus complets et achevés de l’oeuvre de Nincheri. Le décor de l’église est complété par le maître-autel de la maison Carli-Petrucci, le chemin de croix de Luigi Liparini et par les vitraux de l’atelier de Nincheri;

  1. Les quatre statues de l’église de Sainte-Amélie présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur artistique;

Ces quatre statues en marbre ont été exécutées pour l’église de Sainte-Amélie par le sculpteur italien Pasquale Sgandurra. Formé à l’Académie des Beaux-arts de Florence au même moment que Guido Nincheri, Sgandurra a aussi contribué au décor intérieur d’églises de Montréal. Ces statues représentant sainte Anne, la Vierge à l'Enfant, le Sacré-Cœur et saint Joseph participent à l’intérêt du décor intérieur du lieu de culte.

Le ministre dela Cultureet des Communications et ministre responsable dela Protectionet dela Promotionde la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’il prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ces biens patrimoniaux;

QUE si le classement de ces biens se réalise, celui-ci prendra effet  à compter de la transmission du présent avis conformément àla Loisur le patrimoine culturel;

QUE l'avis d'intention devient sans effet si l'avis de classement, accompagné d'une liste des éléments caractéristiques des biens patrimoniaux classés, n'est pas transmis au propriétaire des biens ou à celui qui en a la garde, dans un délai d'un an à compter de la date de la transmission de l'avis d'intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s'il y a eu prorogation de l'avis d'intention.

Signé à Québec, ce 8 décembre 2016

Le ministre,

Luc Fortin

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