Avis d'intention de classement – La Maison blanche

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE
CLASSEMENT D’UN BIEN PATRIMONIAL

LA MAISON BLANCHE
(TROIS-RIVIÈRES)

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. LUC FORTIN, donne avis :

QU’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, il a l’intention de procéder au classement de ce bien comme immeuble patrimonial :

La Maison blanche, sise au 700 et au 734, rue des Ursulines, à Trois-Rivières, sur le terrain connu et désigné comme étant le lot QUATRE MILLIONS CINQ CENT VINGT-HUIT MILLE CINQ CENT TROIS (4 528 503) du cadastre du Québec, circonscription foncière de Trois-Rivières;

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

La Maison blanche présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cet immeuble témoigne de l’œuvre des Ursulines, une communauté fondatrice de la Nouvelle-France qui a joué un rôle fondamental dans le développement de Trois-Rivières. En 1697, à la demande de l’évêque de Québec, des ursulines de Québec s’établissent à Trois-Rivières et dotent le lieu d’une première école et d’un hôpital. Elles emménagent vers 1700 dans une maison érigée pour Claude de Ramezay, gouverneur de Trois-Rivières de 1690 à 1699. Ce bâtiment, qui correspond à la partie la plus ancienne de la Maison blanche, est agrandi à plusieurs reprises et reconstruit à la suite des incendies de 1752 et de 1806. À partir de 1830, de nouveaux bâtiments sont érigés autour de la Maison blanche. En 1886, l’hôpital ferme ses portes. Dès lors, les Ursulines se vouent exclusivement à l’éducation des jeunes filles. Elles innovent dans ce domaine en ouvrant, en 1908, la première école normale pour filles dans la région, puis en créant, en 1935, le collège Marie-de-l’Incarnation pour offrir le cours classique aux filles. La Maison blanche constitue donc un témoin exceptionnel du rôle de cette communauté dans l’histoire de l’éducation au Québec;

Le Maison blanche présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cet immeuble, résultant de plusieurs agrandissements, illustre l’évolution de l’architecture conventuelle et religieuse des XVIIIe et XIXe siècles. Il se caractérise par la composition sobre et régulière des élévations crépies qui se déploient de part et d’autre de la chapelle située presque au centre de l’ensemble. Agrandie en 1897, selon les plans des frères Georges-Félix et Joseph Héroux, la chapelle se distingue par son implantation perpendiculaire, son dôme imposant et sa façade en pierre grise d’inspiration néo-romane. Elle conserve une bonne partie de son décor intérieur du début du XIXe siècle, tel que le retable en arc de triomphe, de même que les colonnes et les piliers d’ordre corinthien. La coupole de la chapelle est décorée par le peintre d’origine italienne Luigi Capello. Le chœur des religieuses contient encore une partie de son grillage, témoin de la clôture monastique. Les autres intérieurs de la Maison blanche conservent de nombreux éléments anciens en bois, dont des escaliers, des plafonds à couvre-joints, des lambris, des portes à imposte et du mobilier intégré, comme des armoires. La Maison blanche témoigne de l’évolution de l’architecture conventuelle et religieuse des XVIIIe et XIXe siècles;

La Maison blanche présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. La crypte située sous la chapelle contient près de 250 sépultures. D’autres espaces du sous-sol de la Maison blanche contiennent les vestiges de constructions anciennes.

Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’il prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ce bien patrimonial;

QUE si le classement de ce bien se réalise, celui-ci prendra effet à compter de la transmission du présent avis conformément à la Loi sur le patrimoine culturel;

QUE l’avis d’intention devient sans effet si l’avis de classement, accompagné d’une liste des éléments caractéristiques du bien patrimonial classé, n’est pas transmis au propriétaire du bien ou à celui qui en a la garde, dans un délai d’un an à compter de la date de la transmission de l’avis d’intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s’il y a eu prorogation de l’avis d’intention.

Signé à Québec, ce 1er septembre 2016

Le ministre,

LUC FORTIN

Haut de page