Avis d'intention de classement du Campus Notre-Dame-de-Foy

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS

AVIS D’INTENTION DE CLASSEMENT D’UN BIEN PATRIMONIAL

CAMPUS NOTRE-DAME-DE-FOY (SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES)

La ministre de la Culture et des Communications du Québec et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, MME HÉLÈNE DAVID, donne avis :

QU’en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, elle a l’intention de procéder au classement de ce bien :

Le campus Notre-Dame-de-Foy, dans la ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, comprenant le pavillon central (5000, rue Clément-Lockquell), le pavillon De-La Salle (5010, rue Clément-Lockquell), la résidence Marianiste, (5020, rue Clément-Lockquell), la résidence André-Coindre (5030, rue Clément-Lockquell), la résidence De-La Mennais (5040, rue Clément-Lockquell) et la résidence Champagnat (5050, rue Clément-Lockquell), avec les terrains, connus et désignés comme étant les lots 2 813 961, 2 814 131, 2 814 800, 2 814 802, 2 814 857, 3 055 080, 4 202 255, 4 202 256, 4 207 477, 4 207 478 et 4 582 427 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Portneuf.

QUE ce geste repose sur les motifs suivants :

Le campus Notre-Dame-de-Foy présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique, urbanistique, paysagère et architecturale;

Le campus Notre-Dame-de-Foy témoigne d’une période charnière dans le système d’éducation au Québec. Au début des années 1960, de profonds changements sociaux s’amorcent avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Jean Lesage. Dans le domaine de l’éducation, une réforme importante est annoncée, notamment en ce qui a trait à la laïcisation des établissements d’enseignement, à la démocratisation de l’université et aux exigences relatives à la formation des enseignants. C’est dans ce contexte de modernisation du système d’éducation que les Frères des écoles chrétiennes, les Frères maristes, les Frères du Sacré-Cœur, les Frères de l’instruction chrétienne et les Frères marianistes décident de fonder l’École normale Notre-Dame-de-Foy. En se regroupant et en mettant en commun leurs ressources, ces communautés religieuses espèrent améliorer la qualité de leur enseignement et ainsi, maintenir leur rôle dans la formation des maîtres. L’École normale Notre-Dame-de-Foy est inaugurée le 20 septembre 1965. Dans la foulée de la création du ministère de l’Éducation, et de la profonde réorganisation du système d’éducation qui en découle, elle devient, deux ans plus tard, une institution de niveau collégial privée, connue sous le nom de campus Notre-Dame-de-Foy;

Le campus Notre-Dame-de-Foy constitue un exemple achevé d’urbanisme moderne au Québec et présente des qualités paysagères remarquables. Le concept d’ensemble, élaboré par l’architecte Jean-Marie Roy, s’inspire des principes de la Charte d’Athènes de 1933 pour l’aménagement de villes et de grands ensembles, notamment en ce qui a trait à la construction de tours, à la séparation des fonctions et à l’importance accordée aux systèmes de circulation. Le campus est caractérisé par des bâtiments implantés avec soin dans un site où les aménagements paysagers, conçus avec la collaboration des architectes paysagistes Georges Robert et Georges Daudelin, unifient et harmonisent l’ensemble. La construction de bâtiments imposants et éloignés les uns des autres permet de libérer des espaces verts et crée davantage d’intimité. Les terrains ainsi dégagés autour des pavillons sont réservés aux jeux, aux sports et à la détente. Une attention particulière est prêtée aux espaces de circulation automobile et piétonnière, qui sont traités distinctement. L’aménagement du site est réalisé en respectant le caractère naturel du lieu, comme en témoignent l’enfouissement du système de distribution électrique et les stratégies mises en avant pour tirer profit de la topographie du terrain;

La construction du campus Notre-Dame-de-Foy représente un moment fort de la modernité en architecture au Québec. Des architectes de renom y sont associés, dont Jean-Marie Roy, Fernand Tremblay, Gaston Amyot et Jean-Claude Leclerc. Le projet, concrétisé entre 1962 et 1965, comprend un pavillon d’enseignement central, au volume bas et horizontal, et cinq résidences, dont trois sont composées d’un volume horizontal surmonté d’une tour. Les bâtiments, à l’architecture homogène et novatrice, s’inscrivent dans le courant du style international. Ils sont caractérisés par des volumes simples, en béton peint en blanc ou gris clair, coiffés de toits en terrasse et dépouillés d’ornements. Les ouvertures sont pratiquées de façon régulière et dépourvues d’encadrements. Les balcons, les escaliers et les brise-soleil sont traités de façon sculpturale et forment des découpes sur les plans horizontaux.

La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française donne également avis :

QUE toute personne intéressée peut, dans les soixante (60) jours de la transmission du présent avis, faire des représentations auprès du Conseil du patrimoine culturel du Québec;

QU’elle prendra l’avis du Conseil du patrimoine culturel du Québec sur l’opportunité de procéder au classement de ce bien patrimonial;

QUE si le classement de ce bien se réalise, celui-ci prendra effet à compter de la transmission du présent avis conformément à la Loi sur le patrimoine culturel;

QUE l’avis d’intention devient sans effet si l'avis de classement, accompagné d’une liste des éléments caractéristiques du bien patrimonial classé, n’est pas transmis au propriétaire du bien ou à celui qui en a la garde, dans un délai d’un an à compter de la date de la transmission de l’avis d’intention ou dans un délai de deux ans à compter de cette même date s’il y a eu prorogation de l’avis d’intention.

Signé à Québec, ce 10 septembre 2015

La ministre,

HÉLÈNE DAVID

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