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Infolettre sur le patrimoine culturel

Édition du 18 février 2014

Archéologie au monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec : des découvertes et une nouvelle façon de faire

Les recherches archéologiques commencées à l'été 2013 dans le cadre de la restauration du monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec ont révélé des vestiges archéologiques inusités et ont été l'occasion de pratiquer une nouvelle forme d'archéologie : l'archéologie du bâti.

Dès le début des travaux, le parti pris a été d'associer l'expertise archéologique aux nombreux travaux de restauration qui se déroulent à l'intérieur du monastère. Le lieu s'y prête particulièrement bien puisqu'il s'est transformé considérablement depuis l'arrivée des Augustines sur place, en 1639, en raison de nouvelles fonctions, de nouveaux aménagements, de remplacements, etc.

Une découverte inusitée

Les découvertes se sont produites dès le départ, d'abord dans les sous-sols scellés par des planchers bétonnés. Entre autres, un massif en pierre de maçonnerie de 16 mètres carrés et haut de presque 2 mètres a été dégagé. On croyait d'abord qu'il s'agissait d'un vestige d'un bâtiment inconnu, les archives ne mentionnant aucune construction particulière à cet emplacement.

L'indice le plus intrigant était la présence d'argile dans les interstices de la maçonnerie à l'intérieur du vestige. L'archéologue en est venue à la conclusion qu'elle était en présence d'une citerne. Pourquoi pas ? Une citerne était effectivement indispensable pour conserver l'eau durant l'hiver, et sa dimension correspond bien à une utilisation aussi fréquente que dans un hôpital. Enfin, ce qui la rend encore plus fascinante, c'est son âge : elle aurait plus de 300 ans !

L'archéologie du bâti

L'archéologue a aussi été invitée à participer au démantèlement des murs et des planchers des quatre étages du bâtiment. Elle pouvait ainsi déterminer de façon précise les réparations, les agrandissements, les ajouts, les réfections et les autres travaux qu'a connus le monastère au fil des siècles.

Les questions fusaient de partout. Ce plancher d'ardoise est-il d'origine ? Ce comblement dans le mur correspond-il à un passage qui a été bouché ? Pourquoi ces poutres ont-elles été coupées ici et non là ?

En accompagnant les ouvriers dans leurs tâches de démolition et d'excavation, l'archéologue a documenté tous ces indices et évalué leur signification. Elle a pu ensuite en discuter avec l'architecte, l'ingénieur et l'entrepreneur, et ceux-ci ont alors pu prendre des décisions éclairées sur les travaux à réaliser. C'est ce qu'on appelle l'archéologie du bâti, qui contribue à souligner les valeurs historique et architecturale du monastère.

Une nouvelle façon de travailler sur un immeuble patrimonial en restauration

Les recherches archéologiques menées actuellement au monastère des Augustines témoignent de l'intérêt d'associer dès le départ un archéologue à un projet de restauration d'un patrimoine bâti. C'est une nouvelle façon de faire que le ministère de la Culture et des Communications vient de mettre de l'avant avec la nouvelle Loi sur le patrimoine culturel et qui porte déjà ses fruits.

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