Une page d'histoire est écrite au Québec en décembre 1961 alors que Marie-Claire Kirkland-Casgrain, première femme à être élue députée, fait son entrée au Conseil des ministres. En 1964, elle fera adopter une loi qui sera le prélude à des changements considérables ; en effet, selon la Loi sur la capacité juridique de la femme mariée, l'égalité juridique est enfin reconnue aux femmes.
Au même moment, le mouvement féministe s'organise en province et, en 1966, on assiste à la fondation de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Au cœur des priorités de la FFQ se trouve l'obtention de la parité salariale entre les deux sexes
En 1973, en réponse aux nombreuses pressions de groupes féministes, le gouvernement québécois met sur pied le Conseil du statut de la femme. Mais il faudra attendre jusqu'en 1979 la création du premier poste de ministre déléguée à la Condition féminine, une fonction qui sera dévolue à Lise Payette. C'est au cours de cette même année que sera institué le Secrétariat à la condition féminine.
Dans les années 1980 et 1990, le Secrétariat à la condition féminine multiplie ses actions. Si tous les ministères et organismes du gouvernement ont la responsabilité d'agir en matière de condition féminine, il revient au Secrétariat d'assumer la coordination et la cohérence des actions menées par l'État. Au cours de cette période seront adoptées bon nombre de lois en faveur des femmes, dont une très importante, en 1996, sur l'équité salariale. En vertu de cette loi, les entreprises seront tenues de corriger les écarts salariaux dans le cas des hommes et des femmes occupant des emplois de même nature.
Le combat contre les inégalités et pour la promotion de rapports égalitaires entre les deux sexes prend un nouvel élan en 2005 alors que des Québécoises de toutes les régions participent à la marche Du pain et des roses dénonçant la pauvreté chez les femmes.
L'opération porte des fruits. L'année suivante, l'État adopte la Politique gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes et le Plan d'action 2007-2010, qui prévoit notamment des mesures pour lutter contre les agressions sexuelles. Cette politique trace la marche à suivre pour les dix prochaines années.
En 2007, le ministère de la Culture et des Communications se voit confier la mission de la Condition féminine. Il portera désormais le nom de ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
Depuis la Révolution tranquille, les Québécoises ont revendiqué pour de nombreuses causes et remporté de grandes victoires que ce soit en matière de discrimination fondée sur le sexe, d'avortement ou de conditions de travail. Bien entendu, des inégalités persistent et les droits acquis demeurent fragiles. Mais il reste que grâce à ces efforts, la situation sociale des femmes au Québec s'est grandement améliorée.