Au tournant des années 1960, les libéraux de Jean Lesage prennent le pouvoir au Québec et la Révolution tranquille fait souffler sur la province un puissant vent de changement. La société québécoise se modernise et c’est dans cette foulée qu’est créé, le 1er avril 1961, le ministère des Affaires culturelles.
Première institution du genre en Amérique, le Ministère est d’abord et avant tout l’aboutissement de la vision de son premier titulaire, le ministre Georges-Émile Lapalme. C’est lui qui donnera à l’institution ses grandes orientations, pour ne pas dire sa philosophie : des fondements en accord avec les attentes d’un Québec en plein changement.
Sous l’administration Lapalme, le Ministère se voit attribuer un mandat colossal : veiller à l’épanouissement et au rayonnement de la culture québécoise dans le domaine des arts, des lettres et du patrimoine. Malgré des budgets modestes, le Ministère met alors en branle de vastes chantiers visant à doter la province d’une infrastructure culturelle complète et diversifiée. Les années soixante voient ainsi se multiplier les actions en faveur du soutien aux artistes, du déploiement d’un réseau muséal, d’un accès élargi aux bibliothèques publiques et de la protection de plusieurs sites patrimoniaux riches de notre histoire.
Au fil des ans, des politiques visant à décentraliser la culture au profit de l’ensemble des régions du Québec seront édictées. Ainsi naîtront les bureaux régionaux et les conseils régionaux de la culture.
À l’international, la vitalité du Québec s’exprime sur toutes les tribunes. Nos artistes exportent et diffusent leurs œuvres : livre, théâtre, cinéma, musique, danse. La création des puissants outils que sont le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et la Société de développement des entreprises du Québec (SODEQ) n’est pas étrangère aux succès remportés. Ici comme ailleurs, ces organismes ont permis à des gens de chez nous de vivre de leur art tout en nous amenant à nous y reconnaître.
Aujourd'hui, ce sont les mêmes valeurs d’ouverture, de diffusion, de conservation et de démocratisation qui animent le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois, la culture va bien au-delà des disciplines liées aux arts et aux lettres. La culture demeure l’un des piliers de notre société, faisant le pont entre la créativité, l’identité et la solidarité. Aujourd’hui plus que jamais, l’identité québécoise est liée à sa culture : elle est un héritage que nous voulons préserver et partager.
Cet éphéméride couvre la période précédant la création du ministère des Affaires culturelles, soit de 1867 à 1960. Par la suite, il retrace la chronologie du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine jusqu'à l'automne 2011. Finalement, divers événements culturels sont mis en valeur dans ce document afin de mieux comprendre dans quel contexte ont évolué les politiques culturelles du gouvernement du Québec et du Ministère.
L’auteur de ce document est Fernand Harvey, historien et professeur à l’Institut national de la recherche scientifique. Il a accompagné le Ministère pour son 50e anniversaire.