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Communiqués - Côte-Nord

Le ministère de la Culture et des Communications donne son appui aux recherches archéologiques sur l'épave d'un navire de l'Amiral Phips

BAIE-TRINITÉ, le 31 juillet 1996 - La ministre de la Culture et des Communications, Mme Louise Beaudoin, MM. Denis Perron, député de Duplessis et Secrétaire régional et Gabriel-Yvan Gagnon, député de Saguenay, ont le plaisir d'annoncer que 89 700 $ sont octroyés à la MRC de Manicouagan pour soutenir les travaux de recherches archéologiques subaquatiques sur le site de l'Anse-aux-Bouleaux, à Baie-Trinité. Pour la ministre «Il s'avère nécessaire de sauvegarder ce vestige culturel d'importance nationale, qui selon toutes probabilités serait celui d'un navire du XVIIe siècle ayant appartenu à la flotte de l'amiral Sir William Phips échoué en novembre 1690».

Jusqu'à maintenant, le ministère de la Culture et des Communications a apporté son soutien professionnel et technique aux partenaires du milieu dans la Conservation de cet extraordinaire témoin de l'histoire du Québec. Les interventions reliées à la conservation et au traitement des objets retirés de l'épave sont assurées par le Centre de conservation du Québec, lequel a mis en place sur le site un laboratoire de terrain afin de procéder aux expertises. Cette contribution du Centre de conservation s'ajoute à celle du Ministère et porte la participation financière du gouvernement du Québec à plus de 178 000 $.

En raison de l'importance que revêt cette découverte dans la connaissance de notre patrimoine collectif et de l'abondance du matériel archéologique, le ministère de la Culture et des Communications ainsi que le Centre de conservation du Québec se sont associés aux divers partenaires dont le Groupe de préservation des vestiges subaquatiques de Manicouagan, la MRC de Manicouagan, la municipalité de Baie-Trinité et les services archéologiques de la Section d'archéologie subaquatique de Parcs Canada pour réaliser les travaux de recherches sur le terrain qui se poursuivront jusqu'en septembre 1996.

Rappelons que les interventions sur ce site ont été rendues nécessaires pour éviter des pertes considérables. L'épave est dans un milieu instable et menacé par l'effet des marées, des courants et du déplacement des glaces.

Le ministère de la Culture et des Communications tient à souligner le caractère exemplaire du partenariat qui s'est établi autour du sauvetage de ce vestige culturel.

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Fiche d'information

Archéologie subaquatique sur la Côte-Nord

Epave du site de l'Anse-aux-Bouleaux

1. Le contexte

La Côte-Nord compte environ 2000 épaves de toutes époques réparties tout au long de son littoral deux d'entre elles, découvertes récemment de façon fortuite, ont suscité un vaste intérêt. Ainsi, en 1994, des plongeurs ont découvert un navire gisant dans le port de Sept-Iles. Il s'agissait du Corrosol, qui, en 1693, faisait partie d'une escadre dirigée par Pierre Lemoyne d'Iberville. En janvier 1995, un autre plongeur amateur, voulant dégager la chaîne d'ancre de son ponton d'amarrage, découvrit les vestiges d'une épave encore plus complète que celle du Corrosol. Les premières analyses des artefacts (près d'une cinquantaine) permettent de supposer que nous sommes en présence d'un navire du XVIIe siècle ayant appartenu à la flotte de l'amiral Phips en 1690. Rappelons, pour mémoire, la découverte il y a quelques années d'au moins cinq navires de la flotte de Walker (en 1711) échoués sur les récifs de l'Ile-aux-Oeufs (Rivière Pentecôte).

2. L'Epave de l'Anse-aux-Bouleaux et son importance

Il s'agit d'un très rare vestige de navire du XVIIe siècle retrouvé dans le fleuve Saint-Laurent. Une grande abondance de matériel archéologique, armes et objets divers, reliés au navire, apparaissent sur le site. Quand on le resitue dans son contexte et en lien avec la célèbre phrase de Frontenac : «Je vous répondrai par la bouche de mes canons», ce bien revêt une importance et une signification particulières pour l'histoire du Québec, mais aussi sur le plan international, puisqu'il concerne les Etats-Unis (colonie du Massachusetts) et la Grande-Bretagne. A tous égards, il s'agit du projet archéologique des dernières décennies. Comme il s'agit probablement d'un des premiers navires construits en Amérique du Nord (1690), il nous permettra de faire l'acquisition de connaissances en patrimoine maritime et en conservation, à cause de la problématique de l'archéologie subaquatique.

Ce site, qui devrait en 1996 être reconnu d'importance historique nationale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, est en voie de destruction. L'épave de l'Anse-aux-Bouleaux gît en effet dans un milieu instable et elle est menacée par l'effet des marées, des courants et du mouvement des glaces. Dans ce contexte, la poursuite des interventions archéologiques s'impose.

3. Les travaux à réaliser, leur impact et leurs retombées

On se rappellera qu'à la suite de la découverte de cette épave, plusieurs partenaires, Parcs Canada, le Centre de conservation du Québec, le Groupe de préservation des vestiges subaquatiques de Manicouagan, la MRC de Manicouagan, la municipalité de Baie-Trinité et le ministère de la Culture et des Communications, se sont associés pour protéger les vestiges et procéder aux expertises nécessaires. Les diverses études et analyses effectuées depuis mènent à la conclusion qu'il faut intervenir de toute urgence pour éviter des pertes irrémédiables. Ces interventions sont de trois ordres :

  • Fouilles archéologiques scientifiques à standards élevés : ces fouilles visent notamment à connaître l'ampleur du site et à prélever les pièces menacées d'être emportées par les courants et le mouvement des glaces.
  • Conservation des artefacts récupérés.
  • Diffusion des connaissances acquises : L'effort collectif des intervenants régionaux et des spécialistes est à mettre en évidence tant ici que dans les régions concernées au Québec ou ailleurs dans le monde. Une exposition sur la nature de la découverte servira d'outil de sensibilisation.

Toutes les conditions sont réunies pour faire de ce projet un succès : participation des plongeurs bénévoles, engagement de Parcs Canada (par son expertise, ses spécialistes, sa contribution financière), contribution du Centre de conservation du Québec, engagement de la communauté, laboratoire de terrain idéal, etc.

Par Michel Bonneau, Directeur régional Côte-Nord
Ministère de la Culture et des Communications

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