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Communiqués

Le nouveau fonds fédéral de production d'émissions canadiennes la ministre Beaudoin exprime des inquiétudes

QUÉBEC, le 16 septembre 1996 - La ministre de la Culture et des Communications, madame Louise Beaudoin, a fait part de ses inquiétudes à la suite à la création d'un nouveau Fonds fédéral de production d'émissions canadiennes. Selon la ministre Beaudoin, les producteurs québécois seront soumis à des décisions qui seront prises à l'extérieur du Québec et qui procéderont d'une dynamique qui sera celle du marché télévisuel anglo-canadien. Annoncé par la ministre fédérale du Patrimoine, Sheila Copps, ce Fonds regroupera les budgets précédemment alloués à Téléfilm Canada et au Fonds des cablodiffuseurs.

«Si nous devons nous réjouir de cette injection d'argent neuf dans la production télévisuelle, après les coupes sombres effectuées par le gouvernement fédéral ces dernières années, nous devons également nous poser des questions. Ce qu'on constate, c'est un déplacement du centre de décision vers Ottawa et Toronto, au détriment de Montréal», a affirmé la ministre.

La ministre Beaudoin ne comprend d'ailleurs pas le geste de la ministre canadienne du Patrimoine, Sheila Copps, qui vise à créer une nouvelle structure administrative qui se superposera aux mécanismes déjà en place. «La ministre Copps dédouble inutilement les structures en substituant à Téléfilm Canada un Secrétariat qui administrera le Fonds. Cette décision, qui transforme Téléfilm en simple opérateur, ne m'apparaît pas justifiée», a poursuivi la ministre, soulignant que le siège de ce Secrétariat sera probablement établi à l'extérieur du Québec.

Cette décision du gouvernement fédéral s'inscrit dans le sillage d'une déclaration du Directeur général de Téléfilm Canada, monsieur François Macerola, en Commission parlementaire à Ottawa le 5 décembre dernier. Monsieur Macerola affirmait alors son objectif de «décentraliser» Téléfilm Canada, puisque cette institution était «basée à Montréal». Il s'inquiétait également de la trop grande présence des francophones au sein de Téléfilm et exprimait l'intention de «changer la situation très très lentement, mais de changer la situation.»

UNE INGERENCE POLITIQUE INQUIETANTE DANS LA GESTION D'UNE ENVELOPPE

DE 200 MILLIONS $ POUR LA PRODUCTION TELEVISUELLE

La ministre Beaudoin a également mis en lumière la décision de la ministre Copps de s'ingérer directement dans la gestion du nouveau Fonds de 200 millions $. En effet, la ministre Copps a annoncé lundi dernier que son ministère jouira d'une représentation sur le Conseil d'administration du Fonds, ce qui marque un virage par rapport au principe de gestion dit à «arm's length», qui vise à octroyer la plus grande autonomie dans la gestion des fonds consacrés aux productions culturelles.

«Connaissant la croisade de madame Copps en faveur de l'unité canadienne, je me demande si elle pourra résister bien longtemps à la tentation d'imposer sa vision de la "culture canadienne" et de ses "objectifs culturels"». Je ne peux m'empêcher de penser au tollé qu'avait suscité à Ottawa le financement du film «Octobre», a affirmé la ministre Beaudoin, qui rappelait que le Premier ministre Chrétien niait, le 6 décembre 1995 à la Chambre des Communes, l'existence même d'une culture québécoise distincte.

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