Après plus d’un quart de siècle de partenariat entre le Ministère et la Ville de Montréal, c’est la recherche d’une vision commune et de priorités convergentes qui a guidé les efforts de planification de l’Entente sur le développement culturel de Montréal 2005-2008. Les programmes et les projets ont été conçus de façon stratégique, en tenant plus spécifiquement compte des enjeux du développement durable et de la complémentarité des services publics.
Incluant des sommes provenant du Fonds du patrimoine culturel québécois affecté à la mise en valeur des bâtiments patrimoniaux, pour la durée de l’entente, le Ministère et la Ville ont consacré plus de 90 M$ à des investissements dans la conservation et la mise en valeur du patrimoine, dans la mise en place et la consolidation d’équipements culturels et dans divers projets et programmes favorisant l’accès à la culture. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments marquants de la programmation.
Le Conseil des ministres adoptait en mars 2005 un décret créant officiellement l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal. Ce statut vise à assurer le développement harmonieux de ce secteur et à favoriser sa mise en valeur et la conservation de ses éléments distinctifs.
À la suite de cette reconnaissance, les deux partenaires de l’entente, le Ministère et la Ville de Montréal, se sont entendus sur une programmation particulière au Mont-Royal. Elle prévoit la mise en œuvre de différents programmes pour des études, des inventaires et des projets de diffusion des connaissances, d’aide à la restauration et à la conservation de la valeur patrimoniale, culturelle, architecturale, paysagère et environnementale de cet arrondissement historique et naturel. Dans l’Entente 2005-2008, une enveloppe de 12 M$ est consacrée à cette programmation.
«Dans une dynamique d’action culturelle dans les quartiers, le Ministère et la Ville de Montréal ont procédé, au cours de l’année 2005, à la révision des cibles et des programmes de la Ville en matière d’accès à la culture. Les programmes offerts aux organismes et aux arrondissements sont dorénavant tournés vers les besoins des citoyens, et particulièrement vers des clientèles plus éloignées de l’offre culturelle. Ce choix assure une plus grande cohérence des actions culturelles des partenaires. Les 57 projets retenus à l’automne 2005 correspondent à un ou à plusieurs objectifs énoncés dans les nouveaux programmes d’accès à la culture. Ce sont : l’établissement de partenariats avec les organismes communautaires, la programmation d’activités destinées à des publics habituellement exclus, notamment les jeunes, les membres des communautés culturelles et les clientèles des milieux défavorisés1. »
De plus, soulignons que c’est l’approche de médiation culturelle qui a inspiré les nouveaux programmes de la Ville de Montréal en matière de culture. L’approche permet au public de prendre connaissance d’une œuvre ou d’un lieu culturel avec l’aide d’un médiateur (animateur, intervenant culturel ou artiste) et favorise le rapprochement entre l’art et une partie du public moins familière avec ces expériences. La médiation culturelle agit également comme un relais entre l’art et le citoyen quels que soient son âge, ses origines et son milieu. Les activités très ciblées qui en découlent ont lieu dans un cadre informel et selon une approche inclusive. De ce fait, elles favorisent une plus grande participation du public. Vous trouverez les objectifs et les critères d’admissibilité des nouveaux programmes sur le site de la Ville de Montréal.
À la volonté de développer de nouveaux publics s’ajoute le souhait du Ministère et de la Ville de Montréal d’améliorer le soutien à un milieu artistique très dynamique issu des communautés culturelles. Malgré la présence marquée de plusieurs communautés à Montréal et l’apport qu’elles constituent pour la diversité et la richesse de la métropole, les artistes et les organismes provenant de ces communautés reçoivent peu de soutien de la part des différents subventionnaires. Un montant de 300 000 $ a été inscrit dans l’Entente 2005-2008 pour répondre aux besoins de dialogue et de mixité des cultures. Dans ce contexte, la Ville de Montréal a signé une entente triennale avec Montréal, arts interculturels (MAI) afin que cet organisme accompagne les artistes et les organismes issus des communautés culturelles dans leurs démarches de financement, de promotion, de diffusion et de réseautage.
« Parmi les projets inscrits dans l’Entente sur le développement culturel de Montréal 2005-2008, le Ministère a négocié et conclu une entente triennale (2,8 M$) avec les Prêtres de Saint-Sulpice pour le financement des travaux de conservation et de mise en valeur du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal. Sa construction a débuté en 1684 et les Prêtres de Saint-Sulpice en sont toujours les propriétaires. Le séminaire est le seul édifice datant du XVIIe siècle dans le Vieux-Montréal. Malgré les vagues de développement immobilier, la communauté sulpicienne n’a jamais loti son jardin, ni sa cour, lesquels constituent aujourd’hui les plus importants espaces verts privés de la cité historique1. »
Dans une perspective de mise à niveau des bibliothèques de Montréal, un montant de 4,2 M$ est alloué à la consolidation du réseau au cours des trois années de l’entente. La démarche tient compte du diagnostic porté sur les constituantes et des priorités d’action découlant du plan de consolidation.
En 2003, le Ministère et la Ville ont créé le Forum des équipements culturels, une instance permanente ayant le mandat de coordonner les interventions immobilières des deux partenaires sur le territoire montréalais. Les travaux du Forum visent principalement à assurer un développement optimal du réseau d’équipements culturels professionnels publics et privés sur le territoire de l’île de Montréal. Jusqu’en 2008, des études sur les besoins des milieux culturels sont financées à même un fonds de 600 000 $. De plus, chacun des partenaires a convenu de réserver 15 M$ (au total 30 M$) à l’achat d’équipements spécialisés ou à la mise en œuvre de projets d’immobilisation qui auront fait l’objet d’une concertation au sein du Forum.
Rappelons que depuis 2000, l’entente avec la Ville de Montréal accorde une plus grande place aux projets permettant le renforcement du rôle de Montréal comme métropole de design. Dans l’Entente 2005-2008, les projets réalisés conjointement par le Ministère et la Ville témoignent d’une volonté d’innover en matière de design, soit de développer une culture de la qualité, de démocratiser l’accès à l’architecture et au design et de positionner son utilisation dans le quotidien des Montréalais.
Par ailleurs, lors du Rendez-vous novembre 2007, les cinq grands partenaires (les gouvernements du Québec et du Canada, la Ville de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Culture Montréal) se sont engagés à promouvoir l’excellence en architecture et en design et à généraliser la pratique des concours, des ateliers et des panels d’experts, favorisant ainsi la qualité en amont des projets de construction et d’aménagement. Pour soutenir les différents projets et surtout intégrer dans les processus de bonnes pratiques en matière de design et d’aménagement, la Ville de Montréal a développé, en collaboration avec le Ministère, trois cahiers des bonnes pratiques s’adressant à tous ceux qui s’intéressent à l’amélioration de la qualité de l’environnement urbain. Le coffret Imaginer, réaliser la ville du 21e siècle, Cahiers des bonnes pratiques en design est à la fois un document de référence et un guide pour sensibiliser et outiller le réseau de design montréalais et sa publication résulte d’un important travail de recherche international et local.
Description et mention de source
1. Texte extrait du dépliant Réalisations régionales en culture et communications 2005-2006 de la Direction de Montréal – Novembre 2006.
2. Photo : Anne-Marie Balac.